Comment choisissons-nous le système de ventilation le plus adapté à votre rénovation ?

Beaucoup pensent qu'ouvrir les fenêtres quelques minutes par jour suffit à renouveler l'air de leur maison. C'est utile, mais ce n'est pas de la ventilation. Dans notre nouvel article, on aborde un sujet trop souvent traité en fin de rénovation, alors qu'il mérite d'être pensé bien plus tôt : le choix du système de ventilation.

Lorsqu'on parle de qualité de l'air, beaucoup pensent qu'il suffit d'ouvrir les fenêtres quelques minutes par jour. Cette aération ponctuelle est utile pour faire entrer de l'air frais, mais elle ne remplace pas une ventilation. La ventilation est un renouvellement continu et maîtrisé de l'air : elle évacue en permanence l'humidité, le CO₂, les odeurs et les polluants produits au quotidien par les occupants, la cuisine, la douche, les matériaux ou encore les produits d'entretien.

Son rôle est également d'organiser la circulation de l'air dans toute la maison. L'air neuf est introduit dans certaines pièces et on l’extrait dans d’autres, notamment dans les espaces où la pollution est plus importante (cuisine, salle de bains, WC et buanderie). Ce balayage permanent permet d'assainir l'ensemble de l'habitation et d'éviter que l'humidité ne s'accumule là où elle pourrait provoquer des moisissures ou détériorer le bâtiment.

Lorsqu'on entreprend la rénovation d'une maison, la ventilation est souvent abordée en fin de projet. Pourtant, elle joue un rôle essentiel pour garantir une bonne qualité de l'air, préserver le bâtiment des problèmes de condensation et de moisissures et assurer le confort des occupants.

Contrairement aux idées reçues, il n'existe pas de système de ventilation universel. Le meilleur choix dépend avant tout des caractéristiques du logement et des possibilités techniques offertes par celui-ci.

En tant que conseillers RENO+, notre rôle n’est pas de vendre une solution particulière, mais de vous aider à choisir celle qui sera la plus pertinente pour votre habitation. Pour cela, une méthode d'analyse est utilisée pour permettre d'évaluer objectivement les différentes possibilités avant de formuler une recommandation.

Un choix guidé par les contraintes du bâtiment

Dans une rénovation, le choix du système de ventilation ne commence pas par la technologie. Il commence par une série de questions très concrètes.

Avant de proposer une solution, l’analyse porte notamment sur :

  • l'étanchéité à l’air des différentes portes (garage, cave...) ;
  • l'étanchéité à l’air des châssis existants ;
  • la possibilité d'installer un extracteur centralisé ;
  • les possibilités de passage des gaines techniques (tuyaux) ;
  • la circulation naturelle de l'air entre les différentes pièces ;
  • la possibilité d'amener de l'air neuf dans les pièces de vie ;
  • l’étanchéité à l’air générale du bâtiment.

Chaque réponse permet d'écarter certaines solutions et d'en privilégier d'autres.

L'objectif est simple : obtenir un système qui fonctionne correctement tout en restant réalisable techniquement et économiquement.

Première étape : le logement est-il suffisamment étanche ?

La première question consiste à vérifier plusieurs conditions indispensables.

Par exemple :

  • les portes vers le garage et la cave doivent être étanches à l'air ;
  • les châssis doivent également être étanches ;
  • l’isolation des façades par l’extérieur est-elle prévue dans le trajet de rénovation ?

Si ces conditions ne sont pas réunies, certaines solutions deviennent moins pertinentes ou nécessitent des adaptations.

Deuxième étape : peut-on installer un extracteur centralisé ?

Un extracteur centralisé est un appareil unique qui aspire l'air vicié de plusieurs pièces humides (cuisine, salle de bains, WC...) via un réseau de gaines (tuyaux). Un extracteur décentralisé, au contraire, est installé directement dans chaque pièce à ventiler (pièces humides) et fonctionne de manière indépendante, sans nécessiter de réseau de gaines.

Si le bâtiment le permet, un extracteur centralisé constitue souvent une bonne base de travail. En revanche, si aucun emplacement n'est disponible ou si son installation est trop complexe, il faut s'orienter vers une solution plus simple utilisant des extracteurs décentralisés. Ce système sera préconisé en dernier recours.

La faisabilité technique est donc un critère essentiel.

Troisième étape : les gaines peuvent-elles être installées facilement ?

Une ventilation performante nécessite généralement un réseau de tuyaux (gaines) reliant les pièces humides (cuisine, salle de bains, WC...) au système d'extraction. Dans certaines rénovations, ces passages sont faciles à créer. Dans d'autres, les contraintes architecturales rendent cette installation très difficile, voire impossible.

Ainsi, pour les pièces humides, un point important est souvent leur positionnement sur les plans des différents étages. Si par exemple, toutes (ou presque) les pièces humides sont proches ou l’une au-dessus de l’autre, il peut être facile d’ajouter une gaine verticale qui traverse ces pièces. Pour les chambres, un point souvent clé est le fait qu’un grenier soit accessible au-dessus de la pièce pour passer des conduits ou pas. Pour le séjour, avec le système D cascade, on n’a pas besoin d’y accéder.

Il n’est pas optimal de recommander une solution idéale sur le papier si elle impose des travaux disproportionnés.

Quatrième étape : comment l'air circule-t-il dans la maison ?

L'air doit toujours pouvoir circuler dans toute la maison, depuis les certaines pièces où l’air neuf est pulsé, jusqu’aux pièces où l’air vicié est extrait (cuisine, salle de bains, WC et buanderie). Cette circulation peut parfois être obtenue naturellement grâce à la disposition des pièces. Ainsi, si le séjour se trouve entre les chambres et la cuisine, l’air neuf peut être pulsé dans les chambres et extrait par la cuisine, en créant ainsi un déplacement d’air et donc une ventilation naturelle dans le séjour, sans que celui-ci ne soit raccordé au réseau de gaines de ventilation.

Dans d'autres cas, il faut prévoir des adaptations ou choisir un autre principe de ventilation. C'est souvent cette analyse qui permet de distinguer les différentes variantes du système D.

Cinquième étape : où peut-on insuffler l'air neuf ?

Lorsque les conditions sont réunies, il devient possible d'installer une ventilation double flux. Encore faut-il pouvoir distribuer correctement l'air neuf dans les différentes pièces de vie.

Selon la configuration de la maison, plusieurs solutions existent. C'est pourquoi deux maisons apparemment similaires peuvent finalement recevoir deux systèmes différents.

Les différentes solutions possibles

Au terme de cette analyse, plusieurs systèmes peuvent être retenus.

Le système minimal

Cette solution repose sur des extracteurs décentralisés installés directement dans les pièces humides. L'apport d'air neuf est assuré via les failles d'étanchéité du bâtiment et éventuellement via les quincailleries de micro-ventilation des châssis.

Ses avantages :

  • coût réduit ;
  • installation simple ;
  • peu de travaux.

Ses limites :

  • renouvellement de l'air moins homogène dans l'ensemble du logement ;
  • plusieurs appareils à entretenir ;
  • confort inférieur aux solutions centralisées.

Cette solution est généralement retenue lorsque les contraintes du bâtiment empêchent l'installation d'un système plus élaboré.

Le système partiel

Dans cette configuration, un extracteur centralisé aspire l'air des pièces humides. L'arrivée d'air neuf continue à se faire par les grilles intégrées aux fenêtres.

Dans le cadre des initiatives RENO+, l'installation de grilles de ventilation (Invisivents) dans les fenêtres n’est pas préconisé. L'apport d'air neuf se fait naturellement par les fuites/failles d'étanchéité à l’air du bâtiment ainsi que par les quincailleries de micro-ventilation des châssis (position de la poignée à 45°). Ce choix est volontaire. Il permet d'éviter de rendre le bâtiment dépendant de grilles de ventilation intégrées aux fenêtres. Ainsi, si le système de ventilation évolue ou est remplacé à l'avenir, les châssis restent compatibles avec d'autres solutions, sans nécessiter de modifications.

Ce système représente un bon compromis lorsqu'il est possible de centraliser l'extraction sans pouvoir installer une véritable double distribution. Il permettra également d’évoluer facilement vers un système D classique ultérieurement.

Ses avantages :

  • meilleure homogénéité de l’extraction de l’air dans l’ensemble des pièces humides ;
  • entretien simplifié ;
  • investissement raisonnable.

Ses limites :

  • l'air entrant n'est pas maîtrisé comme dans une double flux. Il dépend notamment des conditions météorologiques (présence de vent et différences de pression).

Le système D classique

Le système D est une ventilation double flux. Il extrait l'air vicié des pièces humides tout en insufflant de l'air neuf filtré dans les pièces de vie. Les deux flux passent par un échangeur qui récupère une grande partie de la chaleur de l'air extrait.

On bénéficie ainsi :

  • d'une excellente qualité d'air ;
  • d'un meilleur confort ;
  • d'une réduction des pertes de chaleur.

Lorsque la configuration du bâtiment le permet, cette solution constitue souvent le meilleur compromis entre confort et performance.

Le système D cascade

Le système D cascade fonctionne sur le même principe qu'un double flux classique. La différence réside dans la manière dont l'air neuf est distribué. Au lieu d'insuffler directement toutes les pièces de vie, on exploite davantage la circulation de l'air entre les espaces afin de limiter le nombre de gaines nécessaires.

Cette approche permet parfois de rendre un double flux réalisable dans des maisons où une distribution classique serait trop complexe.

Pourquoi deux maisons identiques ne reçoivent-elles pas forcément la même recommandation ?

Deux habitations construites à la même époque peuvent présenter des contraintes très différentes. L'une disposera de faux plafonds permettant le passage des gaines. L'autre non. L'une offrira une bonne circulation naturelle de l'air. L'autre nécessitera des adaptations importantes.

C'est pourquoi chaque projet fait l'objet d'une analyse spécifique afin de retenir la solution la plus cohérente.

En conclusion

Choisir une ventilation ne consiste pas à sélectionner le système le plus performant sur catalogue.

Il s'agit avant tout de trouver la solution qui s'intègre le mieux dans le bâtiment existant, tout en garantissant un bon fonctionnement à long terme.

C'est précisément l'objectif de la méthode d'analyse appliquée lors de chaque accompagnement : étudier les contraintes du logement, examiner les différentes possibilités techniques et proposer une solution adaptée, neutre et justifiée.

Ainsi, vous pouvez prendre votre décision en comprenant pourquoi un système est recommandé plutôt qu'un autre, en toute transparence.

Pour aller plus loin : https://www.youtube.com/watch?v=D5TKzPMzyZ4  

Le régime de soutien temporaire de la Région wallonne prévoit des primes pour l’installation de votre système de ventilation. Retrouvez les montants via Les primes Habitation (régime de soutien temporaire 14/02/2025-30/09/2026)  

Mis à jour le 

06.07.2026

Beaucoup pensent qu'ouvrir les fenêtres quelques minutes par jour suffit à renouveler l'air de leur maison. C'est utile, mais ce n'est pas de la ventilation. Dans notre nouvel article, on aborde un sujet trop souvent traité en fin de rénovation, alors qu'il mérite d'être pensé bien plus tôt : le choix du système de ventilation.

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